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mercredi 26 mai 2010

La Turquie, la culture, la démocratie, l'armée et la laïcité ...


À cheval sur l’Europe, l’Asie centrale 
et le Moyen-Orient, la Turquie, qui est 
à un tournant de son histoire, s’interroge. Adhésion à l’UE, démocratie, 
question kurde, devoir mémoriel (massacres d’Arméniens 
de 1915), poids de l’armée et laïcité sont au cœur des débats.


Des tulipes. Jaunes, rouges, blanches. On ne voit que ça dans les parcs et jardins d’Istanbul. Pourquoi cette fleur ? Parce que c’est le symbole de l’Empire ottoman. Après plus de quatre-vingts ans de kémalisme, la Turquie semble renouer avec son passé. « Dans les milieux intellectuels comme dans les couches sociales défavorisées, une certaine forme de passéisme gagne du terrain. Et la nostalgie ottomane, qui a été occultée, revient en force, notamment sur la scène politique et culturelle », écrit Nedim Gürsel (1). Tant et si bien que le programme d’« Istanbul, capitale européenne de la culture 2010 » (470 projets artistiques et culturels) a fait en sorte de raviver cette nostalgie à travers des spectacles en sons et lumières, des expositions, la littérature, les arts, les concerts et la restauration des vestiges de l’ancienne capitale ottomane. Mais le passé hittite, romain et byzantin n’est pas oublié, non plus que la période contemporaine.


La culture est en train d’agoniser

Envers du décor ! « Capitale de la culture européenne ? », s’étonne Emre. « Jusque-là, on n’a rien vu. On ne peut pas dire que les 14 millions de Stambouliotes soient concernés », ajoute-t-il. « C’est superficiel ! C’est pour donner l’impression à l’Union européenne que la Turquie maintient le cap », estime Maya Arakon, professeur de relations internationales à l’université Yeditepe d’Istanbul. Selon elle, « la culture est en train d’agoniser. Faute d’investissements, le centre culturel Atatürk a fermé et on n’en a pas ouvert de nouveaux. Le plus vieux cinéma d’Istanbul, Emek, au plafond de style baroque, créé en 1923, situé dans un immeuble datant de 1860 sur l‘avenue Istiklal en contrebas de la place Taksim, risque de disparaître ». L’immeuble va laisser place à un centre commercial en verre et béton ! Architectes et intellectuels se battent pour le sauver. « Fermer ce cinéma a un sens symbolique », ajoute-t-elle. « Rien n’est fait pour vraiment valoriser le patrimoine ancien », constate un artiste indépendant rencontré à Sultanahmet. « On est en train de faire du vieux Istanbul une cité touristique, tandis que le peuple est de plus en plus repoussé vers les lointaines banlieues. »

Symboles de la modernité mais aussi lieux de contestation politique, la place Taksim et l’avenue Istiklal, immense voie piétonnière dans la partie européenne de la ville. Ici, dit-on, transitent deux millions de personnes par jour ! Ce samedi, autour du monument en hommage à Mustapha Kemal et à ses compagnons, des lycéens membres d’un parti d’extrême gauche exigent un accès plus démocratique à l’enseignement supérieur. Plus haut, autour d’un stand, une exposition de photos sur le dur métier des hommes du feu organisé par le syndicat des pompiers d’Istanbul dénonçant la sous-traitance du métier au profit d’entreprises privées. À proximité, des militants de l’AKP (Parti de la justice et du développement, issu de la mouvance islamiste) distribuent des roses aux femmes. En contrebas, de jeunes militants du Parti communiste de Turquie (PCK) distribuent des tracts dénonçant le « régime fasciste » turc  ! Tous appellent à la mobilisation pour le 1er Mai : pour la première fois dans l’histoire de ce pays, syndicats et organisations de masse ont été autorisés à commémorer la Fête du travail. Les années précédentes, sur cette place, le 1er Mai était le théâtre de heurts violents entre manifestants et forces de police. Tout comme a été autorisée (pour la première fois) la commémoration des massacres de masse d’Arméniens de 1915. Est-ce à dire que la Turquie sous le gouvernement de l’AKP se démocratise ? « Non et oui », répond Fatih Polat, journaliste au quotidien Evrensel, organe de l’Emep (Parti du travail de Turquie, gauche marxiste). « Un des succès de l’AKP est d’avoir fait reculer le poids de l’armée dans la vie publique », explique-t-il. « Pour le reste, il y a beaucoup à dire. Par exemple, concernant la révision constitutionnelle, il est peu probable que l’article 1, qui parle de nation turque, ignorant l’existence des minorités dont les Kurdes, soit modifié. Si ce gouvernement a autorisé la création d’une chaîne de télé en langue kurde (TRT 6), ce qui est une bonne chose, il n’en reste pas moins qu’il a demandé à Bruxelles d’interdire ROJ TV, basée en Belgique, sous prétexte qu’elle est proche du PKK (Parti du travail du Kurdistan, en lutte armée contre Ankara). Autres exemples : le maire de Sur (Kurdistan) ainsi que 1 200 membres du DTP (Parti pour une société démocratique, interdit avant de devenir BDP, Parti de la paix et de la démocratie) sont incarcérés. Deux de ses dirigeants, les députés Ahmet Türc et Aysel Thgluk, sont interdits de parole. La condamnation récente de Leila Zana en premier appel à trois ans de prison a choqué l’opinion et provoqué un fort mouvement de sympathie en sa faveur en Turquie », poursuit-il. Pour avoir déclaré au Parlement lors d’un débat retransmis par la télé publique turque qu’« une guerre se déroule en ce moment même en Turquie » à propos de la situation au Kurdistan, la députée kurde Sebahat Tuncel s’est fait violemment tancer par le président du Parlement et insulter par des députés du CHP (kémaliste) et du MHP (ultranationaliste).


Une région sous tension extrême

Mais signe que la question kurde n’est plus taboue : la réaction de la pop star turque Hakan Peker, qui a interpellé publiquement lors d’un concert à Istanbul le Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, au sujet du Kurdistan. « On aurait dû régler le problème kurde il y a dix ans », s’inquiète Ebru Kus Sen, du comité d’organisation d’Istanbul capitale européenne de la culture. La jeune femme craint « que ce soit plus difficile aujourd’hui, tant les positions des uns et des autres se sont radicalisées ». En effet, pas un jour ne passe sans qu’un soldat turc ou des membres du PKK soient tués dans cette région sous tension extrême.

Quant à l’armée, qui se veut la gardienne des dogmes kémalistes dont la laïcité, et qui par trois fois a renversé des gouvernements, elle entretient des rapports crispés avec le gouvernement AKP. De fait, elle a usé de divers moyens pour le renverser  : il y a eu la proposition du gouvernement de levée de l’interdiction du port du foulard par les étudiantes à l’université avec à la clé une tentative d’interdiction de l’AKP par la Cour constitutionnelle sous prétexte d’atteinte à la laïcité, puis la tentative d’empêcher l’élection à la présidence turque d’Abdullah Gül en 2008, ce qui a provoqué des élections législatives anticipées remportées par ce même AKP en juillet de la même année … L’affaire Energekon en 2009-2010, du nom d’une organisation clandestine ultranationaliste regroupant des officiers supérieurs de l’armée à la retraite, démantelée après la découverte d’un plan de déstabilisation du pays : assassinats d’hommes politiques, de journalistes et d’intellectuels, attentats à la bombe, provocations d’incidents armés à la frontière turco-grecque, bombardement de mosquées islamistes ! Le tout visant à créer une situation d’instabilité généralisée propice à une intervention militaire avec à la clé la proclamation de l’état d’urgence, la dissolution du gouvernement et du Parlement ! L’affaire, qui a fait grand bruit, est loin d’être terminée. Plusieurs dizaines d’officiers supérieurs à la retraite ont été interpellés. La « grande muette » se défend. « Nos soldats crient Allah Akbar quand ils combattent l’ennemi. Comment ose-t-on nous accuser de vouloir bombarder des mosquées », s’indigne l’un de ses responsables ! « Mon sentiment est que l’armée ne s’est pas rendu compte que les temps ont changé, que la guerre froide est terminée et que rien ne peut plus être caché », assure Maya Arakon.

Pour l’heure, cette affaire Energekon semble servir le Premier ministre et son parti, l’AKP. Aussi, profitant que l’armée soit sur la défensive, ont-ils décidé d’enfoncer le clou. Le Parlement vient en effet d’adopter un projet de révision constitutionnelle qui sera soumis à un référendum. But de l’opération : réduire l’influence de l’armée et celle de ses relais kémalistes au sein des institutions étatiques. Sont visés le puissant Conseil supérieur de la magistrature (HSYK), qui nomme les magistrats et la Cour constitutionnelle, deux bastions kémalistes laïques en conflit ouvert avec l’AKP, dont ils ont tenté d’interdire l’activité. Au nom d’une « laïcité infiniment plus dure que la laïcité française » et d’une conception de la nation turque niant l’identité kurde (2), ces deux institutions sont derrière les interdictions d’activité des partis et des députés kurdes, du port du foulard par les étudiantes à l’université et dans les institutions publiques, les poursuites contre les intellectuels appelant à un travail de mémoire sur les massacres d’Arméniens. D’où, à travers cette révision constitutionnelle, la volonté de rendre plus difficile la dissolution des partis politiques par le HSYK et la Cour constitutionnelle. L’opposition laïque, qui soupçonne l’AKP d’avoir un « agenda caché », affirme que le but de cette révision constitutionnelle est d’islamiser en « douceur » la société turque.

Abderrahmane Dilipak, écrivain et journaliste au Valeit Daily News, membre de Human Rights Watch, ténor de l’islamisme turc, qui dénonce « la théocratie laïco-kémaliste », s’en félicite  : il soutient la révision constitutionnelle. « La laïcité  ? Je ne suis ni pour ni contre. C’est un prétexte pour empêcher la société d’avancer. On est dans un pays musulman où on ne peut pas pratiquer librement sa religion. On essaie de l’emprisonner dans les mosquées », affirme-t-il sans se démonter. La Turquie, pays émergent, membre du G20 mais aussi deuxième puissance militaire de l’Otan, qui a doublé son PIB en cinq ans, à cheval sur le Moyen-Orient, l’Asie centrale et l’Europe dont elle veut être membre, puissance régionale incontournable, est à un tournant de son histoire. La modernisation à l’occidentale imposée avec une main de fer par les kémalistes, qui n’est pas, selon Altan Golpak, « un projet de modernité », semble avoir atteint ses limites (3). Si une majorité de Turcs reste attachée à la laïcité, l’islam turc n’a pas encore tout à fait tranché en son sein le vieux débat opposant les tenants d’une islamisation de la modernité et ceux qui prônent la sécularisation de la religion.

(1) Nedim Gürsel, La Turquie, une idée neuve en Europe, Empreinte. (2) Altan Gokalp, « Turquie  : les tabous 
d’une démocratie » in la Pensée du midi n° 19, novembre 2006. (3) Idem.

Source : L'Humanité, Hassane Zerrouky, 25.05.2010 (URL : http://www.humanite.fr/2010-05-25_International_La-Turquie-entre-modernite-et-resurgence-identitaire)

lundi 26 avril 2010

Des intellectuels et militants turcs se joignent aux commémorations du "génocide" arménien de 1915


Le 24 avril, une centaine d'intellectuels et de militants des droits de l'homme turcs ont commémoré pour la première fois à Istanbul le 95e anniversaire des "massacres" d'Arméniens dans l'Empire ottoman. Le terme de "génocide" n'a certes pas été utilisé. Mais la presse turque s'est fait l'écho du malheur arménien, à l'instar du quotidien conservateur Hürriyet.

Il y a quatre-vingt-quinze ans, le 23 avril marqua le début d'un épisode sinistre dans l'Empire ottoman au bord de l'écroulement. Près de 250 intellectuels et notables arméniens furent arrêtés à Istanbul et déportés en Anatolie, d'où ils ne revinrent jamais. La véritable catastrophe commença un mois plus tard. Le gouvernement d'Union et Progrès, le parti des jeunes-turcs, qui avait pris le pouvoir dans l'empire à l'issue d'un coup d'Etat militaire en 1913, vota une loi d'expulsion qui lui conférait l'autorité de déporter quiconque était considéré comme une menace pour la sécurité nationale.

En réalité, c'étaient les Arméniens qui étaient visés. Bientôt, dans presque toutes les villes et bourgades d'Anatolie orientale, ils furent chassés de chez eux en direction de la lointaine et aride Syrie. Dans certains endroits, ils furent embarqués dans des trains, mais la plupart durent marcher pendant des centaines de kilomètres, souvent sans eau ni nourriture. Beaucoup moururent en route, de famine, de déshydratation et de maladie. (Les photos de ces victimes, surtout des enfants et des bébés mourant de faim, sont insupportables toute personne douée de conscience). Ailleurs, ils furent massacrés par les habitants de la région, animés par la haine ou le désir de s'emparer de leurs biens.

En tout, au moins 600 000 Arméniens, et probablement plus, périrent en 1915, dans ce qui fut l'un des nettoyages ethniques les plus tragiques de l'histoire. En tant que Turc musulman, je ne ressens que du chagrin et du remords pour ces âmes torturées, dont la mémoire mérite d'être entretenue et respectée. Pourtant, cette même mémoire m'amène à me demander pourquoi cette grande catastrophe a eu lieu, et comment ma nation l'a engendrée.

La force motrice, ai-je cru comprendre, était un mélange de peur et de nationalisme. En 1915, les Ottomans étaient en guerre sur trois fronts meurtriers (contre les Britanniques et les Français à Gallipoli et au Moyen-Orient, et contre les Russes dans l'Est), et les Arméniens étaient de plus en plus considérés comme ligués avec l'ennemi. L'élite ottomane, en particulier les jeunes-turcs originaires des Balkans, avait vu comment les Grecs et les Bulgares avaient procédé au nettoyage ethnique de grandes parties de leurs populations musulmanes lors de leurs soulèvements nationaux. Ils craignaient de vivre la même chose en Anatolie avec l'avènement d'une Arménie indépendante sous la tutelle des Russes.

On peut trouver trace de la logique "préventive" des jeunes-turcs dans les mémoires de Halil Mentese, ami proche de Talat Pacha, le cerveau de toute cette tragédie [les massacres d'Arméniens]. Durant l'été 1915, il rendit visite à Talat chez lui, et le trouva déprimé. "J'ai reçu des télégrammes de Tahsin [le gouverneur d'Erzurum] qui me parle de la situation des Arméniens", expliqua Talat. "Je n'en ai pas dormi de la nuit. Le cœur humain ne peut endurer une telle chose. Mais si ce n'est pas moi qui le leur fais, ce sont eux qui nous le feront."

Ma propre grand-mère se rangeait à cette logique, elle qui avait toujours vécu à Yozgat, là où les Arméniens furent massacrés en 1915. "La rumeur disait que les Arméniens allaient s'allier aux Moscovites pour tuer tous les musulmans", m'expliqua-t-elle un jour. "Alors, les anciens sont entrés de force dans l'église arménienne, et ils y ont trouvé beaucoup d'armes et de munitions, ce qui, pensaient-ils, confirmait les rumeurs." Puis vint le kesim, le massacre des Arméniens, ajoutait-elle tristement. Des Arméniens qui, probablement, n'avaient accumulé ces armes que par peur.

Dans l'esprit des Turcs, cette logique du "il fallait le leur faire avant qu'ils ne nous le fassent" fut également renforcée par les atrocités massives commises par les milices arméniennes contre les musulmans en 1916-1917, quand ils eurent l'occasion de se "venger" dans le sillage de la progression de l'armée russe sur le front du Caucase. Les Turcs gardèrent la mémoire des horreurs de cette période, les Arméniens ne se souvenant que de 1915.

Mais aujourd'hui, il est temps, selon moi, d'être juste. Pour notre part, je pense que les Turcs ont commis une erreur terrible pendant des décennies en ignorant complètement les souffrances énormes que connut le peuple arménien en 1915.

Pourtant, même alors, il se trouva des personnalités exemplaires qui firent passer la justice avant le nationalisme. A Bogazliyan, un district de Yozgat, le mufti de la ville, Abdullahzade Mehmet Efendi, dénonça le gouverneur qui était un bourreau volontaire. Le religieux témoigna aussi contre le gouverneur lors d'un procès devant un tribunal militaire en 1919, affirmant : "Je redoute la colère de Dieu."

On retrouve cette conscience musulmane dans les minutes du procès au cours duquel les unionistes furent jugés pour leurs crimes contre les Arméniens. Un passage décrit comment "les anciens et les dirigeants" de Çankiri, accompagnés de leur mufti, adressèrent au maire de la ville la requête suivante : "Les Arméniens et leurs enfants des vilayet [provinces] voisines sont chassés comme du bétail vers les montagnes pour y être massacrés. Nous ne voulons pas que cela se produise dans nos vilayet. Nous avons peur de la colère d'Allah." Ces gens qui redoutaient la colère de Dieu furent selon moi les meilleurs représentants de notre nation en 1915. Et aujourd'hui, nous sommes de plus en plus nombreux à nous souvenir de leur esprit, et même à nous joindre à leurs pleurs.

Source : Courrier International, Rubriques À la Une > Moyen-Orient - Article de Mustafa Akyol, dans Hürriyet, 26.04.2010 (URL : http://www.courrierinternational.com/article/2010/04/26/requiem-pour-nos-freres-armeniens)

mardi 9 mars 2010

Turkey to protect architect Sinan's works in 40 countries... what about other historical legacies?


The Turkish Presidency and the Culture Ministry have begun an international project to preserve buildings constructed by the master Ottoman architect Sinan, with plans for the restoration of his works in 40 countries where the Ottoman Empire once ruled. Some experts, however, worry the project is neglecting the works of other important architects.


Although Turkey has launched a new project to preserve and restore the works of master Ottoman architect Sinan in 40 different countries, some experts have criticized the project, saying other historical legacies are being neglected.

The project, which will be carried out in 40 countries in which the Ottomans once had a presence, is being headed by Hagia Sophia Museum Chairman and Ottoman specialist Dr. Haluk Dursun with support from the Culture and Tourism Ministry.

At the same time, officials announced the formation of an Architect Sinan Foundation under the auspices of the Presidency.

Dursun said Syria and Greece had also given support to Turkey for the project in an interview with the Hürriyet Daily News and Economic Review. Sinan’s best-preserved works are in Syria, Yemen and the Bulgarian city of Plovdiv, according to Dursun.

Noting that the idea for the project emerged a few years ago, the researcher said he and a team of experts visited the different countries to assess the works of the master architect.

Extensive restoration work for Sinan’s buildings that are in severe disrepair will begin as soon as official permission is granted by the relevant authorities.


‘Only mosques are being protected’

Sinan was born in the Ağırnas village of the central Anatolian province of Kayseri. The future chief architect of the Ottoman Empire created his first works by making formations out of “kevenk” stones, a type of soft volcanic rock found in Kayseri, when he was a child.

Sinan, who is said to be the child of an Armenian or Greek family from Kayseri, was drafted into the Janissaries, an Ottoman infantry corps. The sons of Christian families living within the empire were often taken from their families, converted to Islam and educated in the guild of the Janissaries.

Dursun said there has been much discussion of Sinan’s ethnicity, but that these debates largely served no purpose. “There is nothing more natural than different ethnicities in an empire. Discussions on ethnicity are meaningless. Sinan is a value to this land.”

Istanbul Technical University Faculty of Architecture member Afife Batur, however, criticized Dursun’s sole focus on Sinan. “Yes, Sinan is a significant name in terms of the history of architecture. It cannot be denied. But why are Sinan’s works taken under protection but not the works of the other architects before and after Sinan?”

Demanding an extension of the preservation project, Batur said: “I would prefer that such a comprehensive project implemented under the auspices of the Presidency included the whole of the history of our architecture. But I should ask why all of Sinan’s works within the borders of Turkey, except mosques, are devastated. Is there a project for them?”

Istanbul University member and Byzantine Art history expert Associate Professor Asnu Bilban Yalçın said she did not agree with Batur’s views, adding that Turkey had done its best to preserve the works of other architects for future generations.

She said UNESCO and European Union initiatives had made an important contribution to Turkey’s protection of its historical artifacts.


‘Worst damage done to ourselves’

Dursun said the protection of a historic structure was generally related to whether it had a continuing function in the present day. “If the structure is a mosque, it means this structure is still alive. This is what function means.” Other Sinan works, such as caravanserais, have meanwhile been reborn as cultural centers.

Noting that Sinan’s buildings had been placed into religious and secular categories, Dursun said the architect’s buildings had been neglected in Muslim countries, including Turkey. “The main reason for this is to deny and ignore the Ottomans and their heritage. Not only Arabic countries, but also we have also done the worst amount of damage to ourselves by ignoring the Ottomans.”

The researcher, whose own work has actually focused primarily on Sinan’s non-religious buildings, including Turkish baths, khans and caravanserais, said the project would take many years to complete.


Source : Hurriyet Daily News,Vercihan Ziflioğlu, 08.03.2010 (à retrouver sur www.hurriyetdailynews.com/n.php?n=turkey-to-trace-architect-sinan-in-40-countries-2010-03-07)