Affichage des articles dont le libellé est Grèce. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Grèce. Afficher tous les articles

vendredi 7 mai 2010

Le plan d'aide à la Grèce en 5 questions/réponses


• À combien s'élève le plan ?

Le montant total prêté à la Grèce, sur trois ans, est de 110 milliards d'euros. Le Fonds monétaire international prêtera 30 milliards, les États européens 80 milliards. Pour la seule première année, l'enveloppe totale se monte à 45 milliards d'euros.

Les pays de la zone euro prêteront à un taux d'environ 5%, bien supérieur à celui auquel ils empruntent eux-mêmes sur les marchés. Ils devraient donc, au final, gagner de l'argent grâce à cette opération. En partant du principe que la Grèce remboursera bien les prêts.


Cliquez sur l'image pour l'agrandir



• Est-ce suffisant ?

C'est encore incertain. «La taille du prêt est substantielle et devrait combler l'essentiel des besoins financiers de la Grèce», estiment les économistes de BNP Paribas, qui tablent sur un besoin total d'environ 120 milliards d'euros. Selon des rumeurs issues du ministère allemand du budget, la Grèce aurait plutôt besoin de 150 milliards d'euros.

Toujours est-il que grâce au plan, Athènes n'aura pas à retourner lever des fonds sur les marchés le premier trimestre 2012, selon le ministre grec des Finances, Georges Papaconstantinou.

Mais tout dépend du succès -ou non- du plan de rigueur en place par Athènes. Si les dépenses publiques sont mal maîtrisées, alors le déficit budgétaire s'envolera, la Grèce devra emprunter plus, la dette se creusera. Les déficit empireront également si la reprise est plus molle qu'attendu. Alors, le plan d'aide se révèlerait insuffisant.


• Quand les fonds seront-ils débloqués ?

C'était une des hantises des marchés, avant l'annonce officielle du plan. La Grèce a en effet un besoin urgent de fonds : elle doit trouver 8 milliards d'euros d'ici le 19 mai. Elle devrait les trouver finalement sans soucis grâce au déblocage rapide de l'aide par les plus grands contributeurs que sont notamment la France et l'Allemagne.

De nombreux États approuvé le plan cette semaine (ou sont sur le point de le faire), comme la Belgique, le Portugal, les Pays-Bas, l'Italie, Chypre, le Luxembourg l'Autriche. La France a voté le texte dans la nuit de jeudi à vendredi. L'issue du vote ne fait pas de doute, droite comme gauche appuyant le plan d'aide. En Allemagne, après maintes tergiversations, le plan devrait être voté également vendredi.

L'Italie, qui fait partie des gros contributeurs, décidera du versement par décret et peut le publier immédiatement si besoin. Même procédure en Espagne.
D'autres États membres montrent moins d'empressement, comme la Slovaquie, qui rechigne, ou encore l'Irlande, la Finlande et la Slovénie.

• Est-ce risqué pour les États de prêter à la Grèce ?

À en croire l'agence de notation Standard & Poor's, la plus sévère, la Grèce a 23,08% de risque de faire défaut dans les trois ans. C'est ce que reflète sa note BB+ que lui a attribué l'agence.

Mais «si les pays européens prêtent à Athènes, c'est qu'ils ne croient pas aux risques de défaut», souligne Jésus Castillo, économiste chez Natixis. La Banque centrale européenne, comme le Fonds monétaire international, estime qu'un défaut est "hors de question".

Toutefois, «si des problèmes de remboursement apparaissaient au bout de trois ans, les prêts pourraient être prolongés», a déclaré lors des débats à l'Assemblée nationale président de la Commission des Finances Jérôme Cahuzac. à en croire le député, qui a auditionné le ministre du Budget François Baroin, ce dernier «n'a pas exclu un rééchelonnement de la dette de la Grèce à l'égard des pays de la zone euro puisqu'il a envisagé que cette dette ne soit pas remboursée à échéance de trois ans, mais plus tard».


• Comment un État endetté peut-il emprunter pour prêter à un autre État endetté ?

L'Espagne et le Portugal, actuellement attaqués par les marchés et en difficulté économique, prêter à la Grèce respectivement 9,79 milliards et 2,06 milliards d'euros.

Pas de soucis à se faire, selon Jésus Castillo : «ils ont toujours accès au marché pour se financer», contrairement à la Grèce. L'Espagne a d'ailleurs levé avec succès 2,345 milliards d'euros jeudi à un taux moyen de 3,532%. Bien inférieur à celui auquel elle prêtera à la Grèce. L'opération grecque devrait donc se révéler profitable pour les deux pays de la péninsule ibérique.

D'autre part, le prêt octroyé à la Grèce ne viendra pas plomber le déficit public au sens de Maastricht. Concernant la France, si le prêt pèsera dans un premier temps 3 milliards d'euros sur le déficit budgétaire, il n'aura pas d'incidence sur le déficit calculé par Bruxelles, selon le député Charles de Courson rapportant des propos de Bercy.

Source : Le Figaro, Guillaume Guichard & Damien Hypolite, 07.05.2010 (URL : http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2010/05/07/04016-20100507ARTFIG00352-comment-l-europe-aide-la-grece.php)


mercredi 28 avril 2010

"Et si c’était l'Allemagne qui quittait l’euro ?"


Réticente sur l’aide à accorder à la Grèce pour résorber son déficit, voire menaçant d’exclure les pays les moins vertueux de la zone euro, la première économie du continent n’a pas intérêt à ce que la monnaie unique s’effondre. Sans l’euro, elle traverserait en effet une crise sans précédents.


Il fut un temps où les Allemands préféraient se dire européens plutôt qu’allemands. Une époque où l’union de l’Europe avait valeur d’objectif intangible. Cette période est assurément révolue. Après la réunification, les Allemands ont réappris la fierté. Mais de quoi ? Aujourd’hui, la moindre initiative s’accompagne de la question suivante : qu’est-ce que cela va nous rapporter ? Les anciens amis du projet européen s’y sont faits depuis longtemps.

L’actuel débat autour de la crise grecque, les braillements et les relents nationalistes qui les accompagnent, vont déjà trop loin. L’arrogance de nos députés, de nos fonctionnaires et de nos ministres qui font passer les Grecs pour des imbéciles, des corrompus et des fainéants, dépasse l’insolence. La stratégie de la chancelière, qui ne fait qu’inciter les spéculateurs à faire grimper les taux d’intérêts vis-à-vis de la Grèce jusqu’à ce que sa faillite devienne inévitable, relève de l’irresponsabilité la plus totale face à nos partenaires européens, et ce simplement à cause d’élections régionales en Rhénanie du Nord-Westphalie !


"Reprenez vos fichus marks et laissez la France prendre les commandes de l’Europe"

Cette étroitesse d’esprit, cette incapacité à réfléchir et à se demander si, par son comportement, l’Allemagne n’aurait pas elle-même contribué à faire monter les pressions sur l’euro, montrent clairement une chose : les problèmes de la monnaie européenne viennent moins de la Grèce que du soi-disant bon élève allemand.
Sortez donc de l’euro !, est-on tenté de lancer aux néo-nationalistes. Reprenez vos fichus marks et laissez la France prendre les commandes de l’Europe. Repaissez-vous de votre sentiment de supériorité ! L’euphorie sera de courte durée. Il y a tellement de certitudes. Car que se passera-t-il une fois que l’Allemagne sera sortie de l’euro ?

La réévaluation du mark placerait la monnaie allemande 30% au-dessus de l’euro. Ces 30% constitueront un énorme avantage concurrentiel pour les industries françaises et italiennes mais aussi belges, hollandaises et slovaques. Profitant d’un véritable boom de leurs exportations, les autres pays européens pourront enfin prospérer, sans l’Allemagne. Plus pragmatiques que les Allemands en matière de rééquilibrage des finances, les Français, qui croient à raison qu’il vaut mieux renouer avec la croissance que réduire les dépenses, assureront à l’Europe quelques bonnes années de prospérité.


L'Allemagne est aussi fautive que la Grèce

Et pendant ce temps-là, que feront les Allemands avec leur nouveau mark ? Ils se retrouveront dans une situation catastrophique. Le retour du mark rendra le "made in Germany" beaucoup trop cher et les exportations s’effondreront. Ce que la France et le reste de l’Europe exporteront en plus sera autant de manque à gagner pour les entreprises allemandes, c’est aussi simple que cela. Le chômage augmentera, de même que la dette publique, creusée par l’accroissement des allocations à verser. La croissance allemande, qui repose exclusivement sur les exportations, s’essoufflera. Le coût de la main-d’œuvre augmentant, le gel des salaires deviendra inévitable. Puis, au bout de quelques années, viendra le temps des privations.

Le retour du mark soulèvera également un vent de panique chez les banques et les assureurs. La diminution de 30% de la valeur de tous leurs avoirs européens pourrait représenter une perte de près de 200 milliards d’euros pour le secteur. Il faudrait alors organiser une deuxième vague de sauvetages des banques qui ne fera qu’aggraver la situation de la dette publique. Pourquoi 200 milliards d’euros de pertes supplémentaires ? Parce que depuis l’introduction de l’euro, l’Allemagne a amassé près de 600 milliards d’euros d’avoirs à l’étranger (grâce aux larges excédents de ses exportations).

Morale de l’histoire ? L’Allemagne est aussi fautive que la Grèce. Ce dont certains ont trop profité – avec des hausses de salaire – a fini par manquer à d’autres. C’est ensemble que l’on pourra résoudre les problèmes de la zone euro. Un crédit de 9 milliards d’euros d’aide pour la Grèce n’est rien comparé à l’égoïsme de l’Allemagne. Qu’il s’agisse d’Athènes ou de Berlin, toute sortie – volontaire ou non – de l’euro est exclue.

Source : Presseurop - Article original : Frankfurter Rundschau, Robert Heusinger, 27.04.2010 (URL : http://www.presseurop.eu/fr/content/article/240391-et-si-c-etait-lallemagne-qui-quittait-l-euro)

lundi 26 avril 2010

L'aide européenne à la Grèce et les élections régionales du 9 mai prochain en Allemagne


En posant aujourd'hui de nouvelles conditions à l'activation du plan d'aide européen à la Grèce, Angela Merkel s'adresse avant tout aux Allemands avant des élections cruciales en Rhénanie du Nord-Westphalie.

Il y a un peu plus d'un mois, recevant à Berlin le Premier ministre grec Georges Papandréou, Angela Merkel avait jugé le plan d'austérité de son collègue, « courageux et satisfaisant ». Aujourd'hui, elle pose de nouvelles conditions pour activer le plan européen d'aide à la Grèce. Elle exige un programme de réformes encore plus draconien. Et elle ajoute que la stabilité de l'ensemble de la zone euro doit être menacée, pas seulement les finances publiques grecques, pour que le premier chèque soit signé. Sur les 30 milliards d'euros promis à Athènes par l'Union européenne, l'Allemagne doit verser 8,4 milliards.

Ce discours de fermeté s'adresse autant à l'opinion allemande qu'à Georges Papandréou. Car Angela Merkel et son parti chrétien-démocrate (CDU) sont engagés dans une épreuve électorale vitale, en Rhénanie du Nord-Westphalie, le Land le plus peuplé de la République fédérale. Cette région qui comprend le bassin de la Ruhr était un bastion traditionnel de la social-démocratie jusqu'à ce qu'en 2005, Jürgen Rüttgers porte les chrétiens-démocrates au pouvoir, en commun avec les libéraux (FDP), une préfiguration de la coalition «noire-jaune» qui gouverne à Berlin depuis l'année dernière.

De nouvelles élections régionales ont lieu le 9 mai. Or, les sondages ne sont pas bons pour la coalition de Jürgen Rüttgers, qui paie des erreurs locales et la faible popularité du gouvernement de Berlin.

Si la CDU perd la Rhénanie du Nord-Westphalie, ce sera un coup de tonnerre dans la vie politique allemande. Et ce pour plusieurs raisons. D'une part, la coalition au pouvoir à Berlin n'aurait plus de majorité au Bundesrat, la Chambre des Etats. Angela Merkel devrait négocier et trouver des compromis avec l'opposition sur tous les projets de son gouvernement. La paralysie la guetterait alors que l'opinion lui reproche déjà sa répugnance à décider.

Mais surtout, une défaite de la CDU ouvrirait la voie à des possibilités multiples de coalitions nouvelles qui toutes affaibliraient l'alliance déjà très conflictuelle entre les chrétiens-démocrates et les libéraux : le retour d'un gouvernement « rouge-vert », comme à l'époque Schröder-Fischer à Berlin; une coalition dite « jamaïca » –noire, verte, jaune, comme le drapeau jamaïcain–; une alliance «feux tricolores» –rouge, jaune verte, qui signifierait un retournement des libéraux au profit des sociaux-démocrates–; un accord entre les chrétiens-démocrates et les verts, qui est la hantise du parti libéral soucieux de ne pas se retrouver pour des décennies dans l'opposition; voire une formule inédite dans l'ouest de l'Allemagne, un gouvernement rouge, rouge, vert, c'est-à-dire une participation de la gauche radicale Die Linke à un gouvernement régional.

Ainsi la Rhénanie du Nord-Westphalie pourrait être la matrice d'un nouveau paysage politique allemand. Angela Merkel le sait bien. Elle sait aussi que l'aide promise aux Grecs –ces « cueilleurs d'olives », comme disait avec mépris un ancien ministre allemand des Finances–, est très impopulaire. Les Allemands ne veulent pas payer pour les erreurs des autres, même si des voix raisonnables rappellent que l'Allemagne a largement profité de l'euro et que le sort de la monnaie européenne dépend aussi de la solidarité avec les Grecs, quoi qu'on pense de leur gestion.

La Grèce s'est invitée dans la campagne électorale en Rhénanie du Nord-Westphalie. Comment le gouvernement de Berlin peut-il trouver de l'argent pour aider les banques, l'industrie automobile et maintenant Athènes, et abandonner à la crise les chômeurs, les familles, les PME? Tous les candidats reprennent cette antienne.

Angela Merkel restera donc intransigeante jusqu'au 9 mai. Après, elle ne pourra guère faire autrement que mettre en œuvre les décisions européennes. D'ailleurs, c'est sur son insistance que la formule mixte UE-FMI a été adoptée. Le problème, c'est que chaque jour qui passe rend le sauvetage de la Grèce un peu plus coûteux. Pour l'Allemagne aussi...

mercredi 21 octobre 2009

Nicolas Sarkozy, Chypre et la Turquie

"Nicolas Sarkozy se rendra-t-il à Chypre le 7 novembre ?" To Ethnos s'interroge. Il était prévu que le président français inaugure le nouveau terminal de l'aéroport international de Lárnaka, construit par Bouygues. Aux dernières nouvelles, Pierre Lellouche, secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, pourrait le remplacer. "La visite de Sarkozy à Chypre répondait à la stratégie du président de compter ses alliés avant le sommet de Bruxelles des 10 et 11 décembre, au cours duquel doivent être évalués les progrès de la candidature turque à l'Union européenne", poursuit le quotidien grec. Paris, opposé à l'intégration d'Ankara, compte sur le soutien de Chypre et de la Grèce. Mais le nouveau Premier ministre grec Papandréou, en visite à Chypre en début de semaine, "n'a pas tapé du poing sur la table comme espéré". "La Turquie a vocation à devenir un pays européen", a-t-il déclaré. Pour marquer son mécontentement, Nicolas Sarkozy serait donc tenté d'annuler une visite "à grande valeur symbolique", ce qui aurait constitué "la première visite officielle d'un président français sur l'île d'Aphrodite", estime To Ethnos.

Source : Courrier International, 21.10.2009 (à retrouver sur http://www.courrierinternational.com/breve/2009/10/21/la-turquie-empoisonne-les-relations-avec-chypre)

lundi 19 octobre 2009

Photo-voyage #6 : Canada - Greektown, Toronto - Bilingual road signs...


Toronto
(Ontario, Canada) - Greektown
Octobre 2009
Cliquez sur l'image pour l'agrandir !